Créé par la loi PACTE de 2019, le Plan d'Épargne Retraite individuel (PERin) est devenu en quelques années le véhicule d'épargne retraite de référence pour les dirigeants et les professionnels à hauts revenus. En remplaçant les anciens dispositifs Madelin et PERP, il offre une souplesse et une puissance fiscale sans équivalent. Pourtant, tous les PER ne se valent pas, et le choix du bon contrat conditionne directement la performance à long terme de votre épargne.

Sommaire

1. Fonctionnement du PER individuel
2. Plafonds de déduction et avantages fiscaux
3. Les options de sortie : capital, rente ou les deux
4. Les critères pour choisir le bon PER
5. Exemple concret d'optimisation
6. Les erreurs à éviter

1. Fonctionnement du PER individuel

Le PER individuel est une enveloppe d'épargne à long terme destinée à la constitution d'un complément de retraite. Son principe est simple : vous effectuez des versements volontaires tout au long de votre carrière, ces sommes sont investies sur des supports financiers, et vous récupérez votre épargne au moment de la retraite.

Les trois compartiments du PER

Le PER individuel se compose de trois compartiments distincts :

Compartiment 1 -- Versements volontaires : c'est le coeur du PERin. Vous choisissez le montant et la fréquence de vos versements. Ils sont déductibles de votre revenu imposable (sauf option contraire).

Compartiment 2 -- Épargne salariale : il accueille les sommes issues de l'intéressement, de la participation et des abondements employeur, transférées depuis un PEE ou un PERCO.

Compartiment 3 -- Versements obligatoires : il recueille les cotisations obligatoires du salarié et de l'employeur dans le cadre d'un PER d'entreprise (article 83 ou PERO).

PER assurance vs PER bancaire

Il existe deux formes juridiques de PER : le PER assurance (géré par un assureur) et le PER bancaire (compte-titres). Le PER assurance est largement majoritaire et offre l'accès au fonds en euros garanti, un avantage successoral spécifique avant 70 ans et une gamme de supports en unités de compte plus diversifiée. Le PER bancaire donne accès à un univers d'investissement plus large (actions en direct, ETF) mais sans garantie en capital.

2. Plafonds de déduction et avantages fiscaux

L'avantage principal du PER réside dans la déductibilité fiscale des versements volontaires. Chaque euro versé réduit votre revenu imposable, générant une économie d'impôt proportionnelle à votre tranche marginale d'imposition (TMI).

Plafonds de déduction 2025

Pour les salariés et assimilés, le plafond de déduction est de 10 % des revenus professionnels nets de l'année précédente, dans la limite de 10 % de 8 fois le PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale). En 2025, cela représente un plafond maximal d'environ 37 094 euros.

Pour les TNS (travailleurs non salariés), le plafond est plus avantageux : 10 % du bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS) + 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Ce qui porte le plafond maximal à environ 85 780 euros par an.

Économie d'impôt selon la TMI

TMI 30 % : un versement de 20 000 euros génère 6 000 euros d'économie d'impôt.
TMI 41 % : un versement de 20 000 euros génère 8 200 euros d'économie d'impôt.
TMI 45 % : un versement de 20 000 euros génère 9 000 euros d'économie d'impôt.

Le report des plafonds non utilisés des 3 années précédentes permet un versement exceptionnel de rattrapage.

Le report des plafonds non utilisés

Si vous n'avez pas versé à hauteur de votre plafond les trois années précédentes, vous pouvez cumuler ces plafonds non consommés. Un dirigeant qui n'a jamais alimenté de PER peut ainsi déduire jusqu'à 4 fois son plafond annuel la première année. Pour un TNS au plafond maximal, cela peut représenter plus de 340 000 euros de déduction en un seul versement.

De plus, les conjoints mariés ou pacsés peuvent mutualiser leurs plafonds de déduction, ce qui double le potentiel d'optimisation pour un couple de dirigeants.

3. Les options de sortie : capital, rente ou les deux

C'est l'une des grandes innovations de la loi PACTE : le PER individuel permet une sortie en capital à 100 %, là où l'ancien contrat Madelin imposait une sortie en rente viagère. Vous avez trois options au moment de la retraite :

Sortie en capital : vous récupérez l'intégralité de votre épargne en une ou plusieurs fois. La part correspondant aux versements est imposée au barème de l'IR (sans prélèvements sociaux), et les gains sont soumis au PFU de 30 %.

Sortie en rente viagère : vous percevez un revenu à vie, imposé comme une pension de retraite avec un abattement de 10 %. Cette option sécurise un revenu régulier mais le capital est définitivement aliéné.

Sortie mixte : vous combinez les deux, par exemple 60 % en capital et 40 % en rente. C'est souvent la solution la plus pertinente pour les dirigeants, car elle permet de financer un projet (immobilier, investissement) tout en sécurisant un revenu de base.

Les cas de déblocage anticipé

Le PER peut être débloqué avant la retraite dans six cas : acquisition de la résidence principale (uniquement le compartiment 1), invalidité, décès du conjoint, surendettement, expiration des droits au chômage, et cessation d'activité non salariée suite à liquidation judiciaire. L'achat de la résidence principale est le cas de déblocage le plus utilisé par les jeunes actifs.

4. Les critères pour choisir le bon PER

Le marché du PER compte aujourd'hui plus de 70 contrats différents. Tous ne se valent pas, et l'écart de performance sur 20 ans peut dépasser 30 % selon le contrat choisi. Voici les critères déterminants :

Les frais

C'est le premier filtre. Les frais sur versement varient de 0 % (PER en ligne) à 5 % (réseaux bancaires traditionnels). Sur 20 ans de versements de 20 000 euros/an, la différence entre un PER à 0 % et un PER à 3 % de frais d'entrée représente 120 000 euros de manque à gagner. Les frais de gestion annuels des unités de compte oscillent entre 0,50 % et 1,00 %. Un écart de 0,30 % par an peut représenter plus de 50 000 euros sur la durée.

La qualité des supports d'investissement

Un bon PER doit offrir une gamme diversifiée : fonds en euros performant (rendement supérieur à 3 % en 2024 pour les meilleurs), ETF à faibles coûts, SCPI/OPCI pour l'immobilier, Private Equity pour la recherche de performance, et supports ISR pour les investisseurs sensibles aux critères ESG.

Les options de gestion

La gestion pilotée par horizon est obligatoire par défaut dans tous les PER. Elle sécurise progressivement l'épargne à l'approche de la retraite. Les meilleurs PER proposent plusieurs profils de gestion pilotée (prudent, équilibré, dynamique) et une gestion libre pour les investisseurs autonomes.

La solidité de l'assureur

Votre épargne est engagée pour 20, 30 ou 40 ans. La solidité financière de l'assureur est un critère fondamental. Privilégiez les assureurs bien notés par les agences de notation (Standard & Poor's, Fitch).

5. Exemple concret d'optimisation

Prenons le cas de Sophie, dirigeante d'une PME, 42 ans, TMI à 41 %, revenu imposable de 150 000 euros. Elle n'a jamais ouvert de PER.

Plafond annuel : 15 000 euros (10 % de 150 000 euros).
Report des 3 années précédentes : 45 000 euros (3 x 15 000 euros).
Plafond total mobilisable la 1re année : 60 000 euros.

En versant 60 000 euros la première année, Sophie obtient une économie d'impôt de 24 600 euros (41 % x 60 000 euros). Si elle poursuit avec 15 000 euros par an pendant 23 ans, avec un rendement moyen de 5 % net, elle accumulera un capital d'environ 820 000 euros à 65 ans.

En sortie mixte (50 % capital + 50 % rente), elle récupère 410 000 euros en capital et perçoit une rente viagère d'environ 1 350 euros par mois, en complément de sa pension légale.

6. Les erreurs à éviter

Erreur 1 -- Choisir son PER uniquement sur les frais : un PER sans frais d'entrée mais avec une gamme de supports médiocre coûtera plus cher à long terme qu'un PER avec 1 % de frais d'entrée et d'excellents supports.

Erreur 2 -- Rester en gestion pilotée par défaut : la gestion pilotée "horizon retraite" standard est souvent trop prudente. À 20 ans de la retraite, une allocation 100 % prudente fait perdre un potentiel de performance considérable.

Erreur 3 -- Ne pas utiliser le report des plafonds : les plafonds non utilisés sont perdus après 3 ans. Vérifiez votre avis d'imposition (page 4) pour connaître votre disponible fiscal.

Erreur 4 -- Oublier de déduire en cas de TMI basse : si votre TMI est à 11 %, il peut être plus judicieux d'opter pour la non-déduction à l'entrée, ce qui permettra une sortie en capital exonérée d'impôt sur le revenu.

Erreur 5 -- Ne pas diversifier au-delà du PER : le PER est un outil puissant mais il ne doit pas constituer l'unique véhicule de votre préparation retraite. Combinez-le avec l'assurance-vie, l'immobilier et éventuellement un contrat de capitalisation en holding.

À retenir

Plafond TNS : jusqu'à 85 780 euros de déduction annuelle.
Plafond salarié : jusqu'à 37 094 euros de déduction annuelle.
Report possible : 3 années + mutualisation entre conjoints.
Sortie : 100 % capital, 100 % rente ou mixte.
Frais d'entrée : visez 0 à 1 % maximum.

Avertissement : cet article est publié à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les informations fiscales sont basées sur la législation en vigueur en 2025 et sont susceptibles d'évoluer. Consultez un conseiller en gestion de patrimoine pour une recommandation adaptée à votre situation.
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